Alors que tout le monde ne parle plus que de la taxe carbone et, tantôt la louent, tantôt la blâment, tentons d'y voir plus clair dans cette cacophonie médiatique...
- Rappel des Faits :
A Kyoto en 1997, la France s'était déjà engagée à diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050. Durant la campagne présidentielle de 2007, Nicolas Hulot parvient, on s'en souvient, à réunir les acteurs politiques de tous bords autour du Pacte Écologique . La "Contribution Climat Énergie", nom du projet de loi de la taxe carbone, fait alors partie des projets à mettre en place pour lutter contre le réchauffement climatique.
L'ancien Premier Ministre Michel Rocard, président de la conférence d'experts sur la création de cette taxe, remet son rapport au gouvernement le 28 juillet dernier. Il parle alors d'une taxe à 32 euros par tonne de CO2 (qui passerait à 100 euros en 2030) sur les énergies fossiles, "afin de dissuader les consommations excessives". A ce moment là, la Secrétaire d'État chargée de l'Écologie, Chantal Jouanno, est confiante : "Tous les acteurs étant favorables à son instauration, il n'y a aucun raison de ne pas la discuter dans le cadre du prochain projet de loi de finances" dès la rentrée.
Discutée, la taxe carbone l'est pourtant dès le début du mois de juillet... La cause ? Les conditions de redistribution. En effet, Michel Rocard a rapidement indiqué qu'il ne s'agissait pas d'un nouvel impôt mais que l'argent perçu servirait à "compenser les pertes de pouvoir d'achat des classes moyennes et populaires et soulager les entreprises menacées par la concurrence étrangère."
Le problème, c'est qu'il avoue lui-même que la compensation "n'est pas encore tout à fait mise au point." Jean-Louis Borloo parle alors d'un "chèque vert", information démentie par Bercy et Michel Rocard, mais ce dernier n'exclut pas l'idée, pourvu que ce chèque ne soit reversé qu'aux foyers les plus modestes.
Pendant l'été : calme plat, l'écologie attend le retour des vacances... Fin août, le Premier Ministre François Fillon annonce officiellement la mise en œuvre prochaine de la taxe carbone, lors de sa visite à Saint-Michel-en-Grève, durement touchée par les algues vertes.
- La Contre-Offensive
Depuis, les parti(e)s s'emballent. Une majorité du PS se dit contre un nouvel impôt qui touche un peu plus les foyers modestes en temps de crise. Ségolène Royal indique le 28 août à La Rochelle que cette taxe "n'a rien d'écologique" et critique ceux qui au PS veulent "se repeindre en vert". Pour elle, le gouvernement "instrumentalise l'écologie (...) parce que les caisses de l'État sont vides et qu'il faut les remplir" (source AFP ). Daniel Cohn Bendit qualifie alors ce point de vue de "ridicule et aberrant", mais Martine Aubry conclut tout de même que le PS est "en accord total" avec les Verts.
Mercredi 02 septembre, dans une interview accordée au Figaro Magazine, François Fillon ne retient pas les préconisations du rapport de Michel Rocard qui prévoyait 32€/tonne de CO2 et annonce une taxe à 14 euros par tonne, selon le prix du marché. Il renonce également à une taxation de l'électricité, autre point primordial de la taxe carbone. Les écologistes s'énervent : divisée par deux, cette taxe perd toute son efficacité. Noël Mamère indique d'ailleurs sur I-Télé, le lendemain : "On n'a même pas pris le temps d'en discuter au Parlement puisque déjà tout est décidé. C'est encore une fois prendre les Français pour des imbéciles et prendre aussi la représentation nationale comme une serpillère sur laquelle le président de la République s'essuie allègrement les pieds."
Pourtant, l'après-midi de ce même jeudi sont reçus à l'Élysée Cécile Duflot des Verts, Jean-Paul Besset d'Europe Écologie et Nicolas Hulot. A la sortie, au micro de France Info, la porte-parole des Verts indique que le Premier Ministre aurait parlé trop vite : "Le Président nous a confirmé que les arbitrages sur la CCE n'étaient pas rendus, ni sur le montant ni sur les modalités de compensation."
Aujourd'hui, François Fillon a évoqué une baisse de l'impôt sur le revenu devant le groupe UMP. "C'est l'une des pistes privilégiées", a commenté Jean-François Copé, président du groupe.
- Nicolas Hulot Défend son Bébé Impopulaire
Très critiquée à gauche et divisée à droite, la taxe carbone est aussi très impopulaire avec 66 % des Français opposés, selon un sondage TNS Sofres/Logica pour Europe 1.
Hier, dans une interview accordée à Libération, Nicolas Hulot a constaté, amer, que c'était "une présentation étriquée et simpliste" de la CCE. La définition de la taxe par ses détracteurs : "7 centimes de plus à la pompe et inefficace", n'est pour lui pas recevable. Cette contribution "doit s'appliquer à tous, et son produit permettre d'accompagner les gens en difficulté."
Il déplore que tout le monde ait son avis sans proposer de solutions et s'agace de la tournure très politicienne prise par le débat : "Ce n'est pas un sujet sur lequel il faut polémiquer. C'est trop grave, ne faisons pas de démagogie. C'est d'ailleurs contraire à l'esprit du Pacte Écologique que tous avaient signé."
Selon lui, il faut que la France marque un temps d'avance pour se préparer à la pénurie et parce que "ne rien faire, c'est être irresponsable." Il cite d'ailleurs l'exemple de la Suède qui a déjà une taxe carbone à 100 euros par tonne de CO2 et préconise de commencer à 20 euros par tonne, entre l'annonce de François Fillon (14€/tonne) et la proposition de Michel Rocard (32€/tonne), "mais s'il n'y a pas de progressivité, 20 euros, ça ne sert à rien. Il faut s'engager pour 50 à 55 euros en 2020, 100 euros en 2030."
Tout ce débat houleux n'énerve pas seulement Nicolas Hulot. Michel Rocard lui-même, qui a remis le rapport de la CCE, ironise : "Je voudrais m'inquiéter de cette propension française à s'entredéchirer profondément, avec fanatisme, à propos de choses qu'on ne connaît pas."
Depuis le Brésil, le Président de la République a défendu ce "choix historique" qui, "comme toute grande réforme, nécessite un effort d'explications." Il recevra demain la Première Secrétaire du PS Martine Aubry sur ces questions et annoncera jeudi le montant de la taxe carbone ainsi que la façon dont elle sera restituée aux ménages les plus modestes, lors d'un discours très attendu.
- Taxe ou Pas Taxe ?
Pour nous, simples citoyens, que représentera cette taxe ?
Certains disent que c'est u ne augmentation trop élevée, mais les écologistes affirment qu' une taxe moindre ne servirait à rien. Il semble donc que, d'une façon ou d'une autre, les contribuables soient amenés à payer plus cher leur énergie. Pour consommer moins ? Pas si sûr, selon certaines critiques qui n'y voient que le moyen de payer plus cher une consommation d'énergie difficilement réductible, à moins de transformer des millions de locataires en propriétaires écolos...
La polémique vient aussi du fait que cette taxe carbone servirait à remplacer la taxe professionnelle, selon les propos de la principale intéressée, Christine Lagarde : "Pour les entreprises oui, il va falloir que ça s'équilibre." (sur France Inter le 17 août), qui ajoutait toutefois que rien n'était décidé.
Selon les recommandations du groupe d'experts piloté par Michel Rocard, la CCE rapporterait 8 milliards d'euros à l'État, qui devraient a priori être reversés en intégralité... reste à savoir comment...
Alors, taxe détaxée ou nouvel impôt ? Prenez part au débat !
Florian, pour Durable.com
Ci dessous, des éclaircissements via Mediapart :
Encore un impôt supplémentaire, ne devrait-on pas commencer par le haut, c'est à eux de montrer l'exemple, voyages multiples en avion privé etc... L'utilisateur rural n'a pas le choix, on est obligé de prendre sa voiture pour aller au boulot alors pourquoi nous devrions payer plus ??? Les grosses sociétés qui exportent ou importent, là il n'y a pas de problème ????? Non s'est pas toujours aux mêmes de payer, les Etats-Unis polluent énormément la planète et là on dit rien, enfin bon puisque tout est déjà décidé on va subir une fois de plus les co...... des politiques au lieu de nous trouver des solutions intelligentes et réalisables pour tout le monde.
Voir aussi notre mise à jour sur ce sujet :
http://www.durable.com/actualite/article_dossier-sarkozy-et-la-taxe-carbone-17-euros-la-tonne_125
Arthur
C'est marrant, dès qu'on touche au porte-monnaie, les gens se réveillent...c'est l'article qui a le plus de commentaires !
Celà dit, merci à stef, alain, valentin, nonilem, Dragon68 et Roots pour leur clairvoyance et leur bon sens. Ca réconcilie un peu avec le genre humain...
J'approuve l'argumentation de Nonilem!
Comme on dit: "les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres".
Et avec ça on nous prend tous pour des cons finis;
Je pense qu'on est tous d'accord sur le fait que finalement ça pénalisera les moins riches ...
Vous savez qu'il existe des voitures à l'hydrogène ? Des chauffages à l'hydrogène ?
En fait, il faut surtout sortir de cette économie basée sur le pétrole ... Et comme dit Dragon, arrêtons un peu ce toujours argent argent.
Une taxe peut etre, mais pas sur les contribuables. Plutot taxer énormément les bénéfices des entreprises profitant de ce système pétrolier !!
Peace++
Pour précision
Depuis l'an 2000 (passage à l'euro)
Salaire des grand patron = augmenter de 140 à 360%
Salaire de nos politicien (député / ministre etc..)= idem
Salaire des cadres supérieur (surtout pour les très grosse entreprise, vous savez celle qui délocalise en prétextant perdre de l'argent)= entre 40 à 150% voir plus
Salaire des ouvriers = n'a quasi pas bouger depuis le passage à l'euro
Salaire des petits artisant / pêcheur / agriculteur = à baisser
Résultat, on pleure, on râle, on fait des manif, on demande plus de sous, on jette ou on casse tout
Au lieu de se dire il y en a marre de faire passer le fric au dessus de tout et de s'unir contre ses méga archi riche qui nous considèrent que des sou-merde et encore la je suis gentil
Cette taxe est une arnaque de plus pour aider les pauvre riche et les politiques à se faire encore plus de fric, car si on voudrait vraiment faire des effort pour la planète, c'est de 40% tout de suite qu'il faudrait réduire la polution (et dans tout les pays du monde)
La solution serait simple il suffit d'arrêter de penser fric d'abord fric toujours et peut être que ça ira mieux
pourquoi avoir donné une prime à la casse pour changer de voiture et pour certains en acheter 2 n'aurait-il pas été plus logique de conditionner cette prime à la casse d'une obligation d'achat de véhicule non pollueur
IL EST TEELLEME T PLUS FACILE DE CREER UN NOUVEL IMPOT QUE DE REMONTER A LA SOURCE DU MAL....LES FABRICANTS DE VOITURES ?????
On nous prend pour des débiles ! Pour faire passer la pilule, l’annonce est faite que l’argent récolté sera redistribué, par exemple sous forme de réduction d’impôt. Dans ce cas tous ceux qui ne sont pas imposables sont grugés. Comment peut-on réduite les impôts de ceux qui n’en paient pas ? J’aimerais bien savoir … D’autre part, cette annonce que l’argent sera redistribué, combien de temps va-t-elle être valable ? La réponse est évidente tout au plus jusqu’à ce que les lampistes soient habitués au train de hausses qui va suivre (j’augmente les légumes parce que je paie plus cher leur transport… j’augmente le lait parce que sa collecte a vu son cout augmenter…). Une fois que nous serons habitués à payer, on pourra réduire gentiment la redistribution puis la supprimer et nous nous retrouverons avec un nouvel impôt et cela ressemblera à une nouvelle TVA qu’on paiera sans s’en apercevoir, même quand on n’a pas les moyens de la payer. Donc nous voilà avec un nouvel impôt à retardement.
A part cela taxer la production de CO2 est techniquement une idiotie. Quelques remarques et questions pour y réfléchir.
Les incendies de forêt en Californie ont envoyé dans l’atmosphère en quelques jours autant de CO2 qu’un demi-million d’automobiles en un an.
Le grand volcan indonésien, le Krakatoa rejette en une semaine presque autant de CO2 que l’industrie des USA en un an.
On a voulu « dépolluer » les fumées industrielles en interdisant les rejets de dioxyde de souffre dans l’atmosphère (par exemple pour ceux qui connaissent, la centrale thermique de Gardanne au Nord de Marseille rejetait 86 tonnes de SO2 par jour). Aujourd’hui, on sait que le SO2 dans l’atmosphère avait un effet inverse à celui du CO2 et combattait l’effet de serre. Zut trop tard !
Combien va devoir payer l’exploitant agricole qui a un troupeau de 100 vaches pour les rejets qu’elles font « naturellement » ? Sachant qu’une vache en produit une moyenne de 10 litres par jour, à combien de CO2 correspond la production d’un litre de lait ? Et donc de combien son coût va-t-il augmenter ? Réellement et à la vente finale au consommateur ? Comment va-t-on redistribuer au buveur de lait la taxe carbone qu’il va payer ?
Je sais, je persifle mais j’en ai vraiment marre qu’on me traite comme un débile mental. Notre planète est vivante et elle évolue au cours du temps. Moi, je dénonce la dictature des écologistes qui veulent figer la planète dans un état qui leur convient. Et de toutes façons ils n’y arriveront pas. Cette grande dame qui nous héberge a environ 15 milliards d’années et elle nous survivra et de longtemps encore ! Alors évitons de la massacrer mais soyons intelligents, au moins une fois, LAISSONS-LA VIVRE et LAISSONS-NOUS VIVRE DESSUS !!!