Dessaler l’eau de mer : une solution durable ?

 

Pour obtenir de l’eau douce, un nombre croissant de pays, près de 150 aujourd’hui, ont recours à des solutions de désalinisation de l’eau de mer. 16 000 usines sont recensées dans le monde, avec environ 66,5 millions de mètres cubes d’eau douce produits quotidiennement. Avec les changements climatiques et l’augmentation de la consommation d’eau douce, le traitement de l’eau de mer est une solution de plus en plus prisée, d’autant plus intéressante pour les pays en conflit avec leurs voisins car elle permet de réduire la dépendance des approvisionnements en eau douce.

                   

Le coût écologique du dessalement ne doit cependant pas être oublié, et notamment le fait que ces installations sont très énergivores. Dans la région du Golfe, le procédé le plus utilisé est celui de la distillation par évaporation et condensation, ce qui suppose de coupler l’usine de dessalement à une centrale thermique pour que le projet soit économiquement viable. Sur le pourtour méditerranéen, plus sensible au coût de l’énergie, une autre technologie moins consommatrice est plus fréquemment employée : l’osmose inverse, qui consiste à filtrer l’eau de mer avec des membranes synthétiques semi-perméables.


Outre la question énergétique, un second problème se pose, celui de la pollution du milieu marin proche des installations de dessalement. Celles-ci produisent d’importantes quantités de saumure, une solution aqueuse beaucoup plus concentrée en sel que l’eau de mer. La variation des taux de salinité de l’eau de mer est en effet très surveillée car elle peut nuire au développement de certaines espèces, comme le montrent les études menées par le laboratoire de l’université d’Alicante en Espagne. Autre préoccupation, l’eau rejetée dans la mer contient des résidus chimiques liés aux opérations de dessalement, mais aussi des particules métalliques, comme du cuivre, issues de la corrosion.


Malgré ces difficultés, le procédé est aujourd’hui en pleine croissance : l’Iran a dernièrement annoncé la construction d'une usine de désalinisation destinée à approvisionner les 200 000 habitants de la ville de Semnan. En France, la Vendée envisage la construction d’une unité de dessalement d’ici à l’horizon 2020 pour combler son manque d’eau douce en période estivale. L’Espagne a également lancé depuis 2004 un vaste programme de développement du dessalement pour alimenter les régions les plus fragiles en approvisionnement. Outre le problème de la consommation en énergie et du rejet des usines, de nombreuses associations de protection de l’environnement craignent que ces projets ne deviennent une solution de facilité face à la nécessité croissante d’une meilleure gestion des ressources en eau, notamment dans le domaine de l’agriculture. 

  

   

Publié par Marion Gautier
le jeudi 3 Mai 2012

 



 
Réagissez !
Enregistrer
 
dimanche 13 Mai 2012 à 16:56 Par salve
 

Bonjour à tous,

S'il y a une question à se poser, n'est-ce pas de réfléchir à la sauvegarde de l'équilibre vital ?

Pour illustrer, prenons comme exemple les cycles saisonniers et comparons les avec notre développement dit civilisé. Il faut bien se rendre à l'évidence que notre croissance va à l'encontre du règne naturel, voyez plutôt : on nous parle de l'accroissement démographique des prochaines décennies. C'est bien donc qu'on se fiche des règles permettant à la nature de s'équilibrer.

Alors, cette politique de tout mettre en coupe réglée que ce soit pour la sauvegarde d'une espèce (la nôtre), pour la croissance de notre système, ou plus prosaïquement pour générer toujours plus de part de marché, où cela mène-t-il ? À toujours moins de place pour la vie sauvage ou l'écosystème, et toujours plus d'urbanisation ou d'appropriation de l'espace vierge : exploitation de la forêt équatoriale, nappe de pétrole idem, et maintenant l'eau de mer aiguise les appétits industriels pour l'assouvissement d'une idéologie totalement dédiée à la croissance, elle même ne tenant absolument pas compte des répercussions qu'elle occasionne sur le long terme

Alors voilà, on bâtit, on exploite, on profite, mais ce que nous faisons maintenant au nom de notre survie sème les graines que les futures civilisations auront à gérer, avec donc en toile de fond notre hégémonie humaine qui fait bien peu de cas de la place du règne sauvage pour se concentrer plutôt sur la sauvegarde de notre système, quand bien même il nous montre depuis l'essor industriel combien est coûteux notre développement.

Je serai un peu nihiliste, je dirai m'en foutre, mais comme je suis le papa de deux enfants, j'essaye d'assumer mes responsabilités. Àl'heure donc où c'est tout un système qui étend son influence sur le globe, qu'y puis-je si untel ici ou untel autre là bas décident de cramer un capital dont le seffets échoieront à nos successeurs, et qui auront à s'en dépatouiller lorsque nous, nous ne serons plus là. Mais surtout quand la technologie permise par les ressources naturelles actuelles ou autres solutions manufacturées (solaire, géothermique, et cætera) ne sera plus à leur portée en raison d'un coût devenu prohibitif, ce qui est plus que probable vu la tournure prise par les choses ces temps-ci (hausse des tarifs des combustibles, contribution à l'effort de croissance se traduisant par une inondation de produits à consommer en nombre toujours croissant)...

Il y a là un cas de conscience : devons nous continuer aveuglément à nous comporter de la sorte, ou devrions-nous plutôt revenir à quelque chose de plus respectueux de l'équilibre vital, tel que les forces, flux et autres influences naturelles retrouvent les voies qu'elles n'auraient jamais quittées si nous ne les en avions détournées ?

Je reste convaincu d'une chose, c'est que je ferai mon temps, mais mon passage sur terre laissera hélas les traces que notre mode de vie contemporain sème, pollutions en tout genre, mise à sac d'une richesse naturelle, et au final perpétuation d'un système montrant combien notre immaturité est démesurée. J'espère des développements alternatifs, et surtout que les générations suivantes tireront les leçons de nos erreurs présentes.

Et donc, le dessalement, c'est comme le nucléaire, non merci. Plutôt limiter l'extension de notre espèce devenue plus qu'envahissante avec les moyens dont nous tirons profit, en ne perdant pas de vue que le globe terrestre reste le seul garant de notre survie, comme du règne de la Vie.

mercredi 9 Mai 2012 à 19:21 Par le mataf
 

Laissez la mer tranquille bande de bandits , pour parler de la Vendée, elle est déjà trop bétonnée et envahie l'été par de détestable touriste pour qui il faut stérilisé les plages à cause de petites bébêtes qui leurs piquent le derrière et pour couronné le tout le conseil générale aveuglé par le fric y ajoute une usine polluante en prime , va falloir prendre les fusils.
Comme le dit si bien Finette4(que je salut)ECONOMIES ONT VOUS DIT ! , tout à chacun doit penser à l'autre , particuliers, agriculteurs, industriels et professionnels du tourisme halte aux gaspillages ECONOMIES

jeudi 3 Mai 2012 à 23:11 Par Finette4
 

Une fois de plus, la solution ne pourra être que dans les économies par rapport à la ressource: l'eau douce ne représente que 3% de l'eau terrestre (calottes glaciaires et glaciers compris). Concernant le dessalage d'eau de mer, de nombreuses petites installations, pour faire des économies, ne puisent pas l'eau directement dans la mer mais dans les nappes phréatiques côtières. Ainsi les puits des paysans deviennent-ils de plus en plus salés, leur niveau baisse et ils ne peuvent plus servir pour l'agriculture. Les grandes usines produisent de 200 000 à 900 000 m3/jour... Les conséquences pour l'environnement sont considérables.

Videos Nos reportages
Articles Les + commentés
 
Newsletter Newsletter
Newsletter !

Une info par semaine !