Des vers de terre à la maison : le « lombricompostage »

 

Élever des vers de terre dans un appartement, une idée saugrenue ? C’est pourtant une expérimentation que mène aujourd’hui la Communauté Urbaine du Grand Lyon pendant deux ans sur une cinquantaine de foyers pour promouvoir le compostage en ville, y compris pour les habitants dépourvus de jardin.

             

Le « lombricompostage » vise en effet à transformer certains restes de la cuisine en compost pour les plantes grâce à une espèce particulière de vers de terre, appelée « Eisenia ». Particulièrement voraces, ces lombrics absorbent entre 20 % et 100 % de leur poids chaque jour et transforment donc rapidement la matière organique en humus. « L’élevage » se produit dans un contenant fermé, par exemple dans un placard, et offre donc une bonne solution pour réaliser un compost en intérieur sans odeur.

          

Si les lombrics se sentent bien, les risques de fugues sont nuls… d’où l’importance de respecter certaines  conditions pour le confort des petits habitants de la lombricompostière : bonne aération, obscurité complète, humidité moyenne, pH neutre, température constante entre 20 et 25°C… ce qui permettra par ailleurs de produire un bon compost.

                 

Les vers de terre ne sont pas difficiles et mangent presque de tout, des coquilles d’œufs écrasées aux épluchures en passant par le marc de café ou même les papiers et journaux. Cependant, il est important de veiller à l’équilibre de leur alimentation : outre les indispensables 5 fruits et légumes quotidiens, une ration de 30% de papier journal doit être ajoutée chaque jour. Os et viandes sont proscrits, chacun sait que les lombrics sont végétariens.

                  

Si ce régime alimentaire est bien respecté, le compost obtenu est très riche en micro-organismes et en éléments nutritifs comme l'azote, le phosphore, le potassium ou le zinc.  Mélangé avec de la terre, le lombricompost devient de l’or noir pour les jardiniers, car il produit un terreau de grande qualité. Les lombrics feront ainsi la joie des plantes vertes… tout en réduisant le volume total de vos déchets.

                  

La redevance incitative, mécanisme qui calcule le montant de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères en fonction du volume de déchets est d’ores et déjà testée dans plusieurs collectivités territoriales, comme à Belfort, à Besançon ou encore à Montaigu. Si ce type de tarification se développe à grande échelle, les lombrics deviendront donc un investissement non seulement écologique, mais aussi financier !

                                 

Publié par Marion Gautier
le vendredi 1 Juin 2012

 



 
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mercredi 6 Juin 2012 à 11:18 Par Christine Aiz
 

Bonjour,
Je trouve vos articles intéressants.
Juste une petite précision à noter, il serait bon que les promoteurs remettent dans leurs critères de construction le fameux "cellier" ! En effet, on pourrait y mettre le vélo (histoire de se déplacer écolo) et le lombricomposte ! Quand on est locataire, sans jardin, sans balcon, sans partie commune sécurisée et sans cellier, difficile d'adapter ce nouveau mode de vie que je défends. Merci

lundi 4 Juin 2012 à 22:49 Par salve
 

Merci à Marie-Ève et Corinne pour la teneur de leur réponse.

Le développement de Marie-Ève mérite de s'y attarder, reste à trouver le moment d'y jeter un œil !

En tout cas, ça incite à se mettre au lombricompostage...

Bien à tous

lundi 4 Juin 2012 à 12:22 Par Marie-Eve
 

Belle expérimentation que celle de Lyon, qui démontre que composter en ville c'est possible ! Cette conviction je la partage depuis que j'ai commencé à lombricomposter sur mon balcon, au point d'en faire mon métier et de proposer aux citoyens curieux et engagés de s'y mettre.
Forte de ma formation de maître-composteur, j'apporte infos et conseils sur le site http://www.bewo.fr et propose des lombricomposteurs de grande qualité. Pour bien choisir le votre (en bois ou en plastique ? rond ou carré ?), définir le meilleur endroit pour l'installer ou en savoir plus sur les vers Eisenia, n'hésitez pas à faire un tour sur le site.
Pour finir, une petite précision : les coquilles d'oeuf sont minérales et non pas organiques, elles ne sont donc pas "mangées" par les vers. En revanche, le bicarbonate de calcium qui les compose à 94% est très utile au milieu, puisqu'il permet de réguler l'acidité générée par les déchets de cuisine. Pour éviter d'en retrouver de gros morceaux dans votre compost, mieux vaut les broyer finement. Pour en savoir plus sur l'alimentation des vers, rendez-vous sur cet article de blog http://bewo-le-blog.over-blog.com/article-quels-aliments-peut-on-donner-a-manger-aux-vers-dans-un-lombricomposteur-105662824.html

lundi 4 Juin 2012 à 10:41 Par corinne
 

Pour la température , l'amplitude de variation peut aller de 5 à 30°C , mais les conditions optimales sont en effet autour de 20°C. Pas de souci, les lombrics ne vont pas vous obliger à augmenter votre note de chauffage. Un appartement chauffé entre 15 et 20 convient parfaitement. Pas besoin non plus de climatisation pour l'été !
>Pour les vacances, pas de problème, vos vers peuvent rester 5 semaines sans avoir leur ration quotidienne de fruits et légumes .
Le lombricomposteur que j'utilise mesure environ 50 cm de diamètre sur 1m de haut.

Pour l'écoulement du compost obtenu, il faut en faire cadeau à des voisins, amis ou pour ceux qui sont en ville aux jardins ouvriers ou collectifs qui existent dans certains quartiers.

dimanche 3 Juin 2012 à 08:44 Par clémentine
 

Bonjour

Que se passe-t-il si la température est inférieure à 20 °C ? Ce qui est souvent le cas dans les logements durant la nuit.
Que se passe-t-il quand nous nous absentons et ne savons donc pas nourrir ces vers de terre ?
Quelles sont les dimensions d'un tel dispositif ?

Merci

vendredi 1 Juin 2012 à 20:58 Par salve
 

Merci pour ce très intéressant article.

Une question me vient : au bout d'un certain temps, il est vraisemblable qu'on ne puisse utiliser tout le compost produit.

Y a-t-il alors des moyens d'écouler cette manne ?

Personnellement, je vis en pavillon en zone périurbaine, et n'ai certes pas besoin d'autant de compost que ma consommation familiale en produirait, d'où ma question.

Merci pour la réponse !

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