De la protection de l’environnement comme justification du nucléaire en France

 

Cet article a d'ores et déjà été publié sur le blog "ARTE TV : l'Europe en débat", fruit d'un partenariat entre Arte et le Collège d'Europe : http://blogs.arte.tv/Leurope_en_debat  .

Emissions françaises de CO2 d’après le «  Little Green Data Book 2009  » de la Banque Mondiale
 
Emissions de CO2 émissions par unité de PIB en 2005: 0, 2 kg/ $ PPP
Emissions de CO2 per capita: 6,2 tonnes métriques
Evolution des émissions de CO2 (1990–2005): + 4%

 

 

 

Afin de répondre à la problématique de la lutte contre le changement climatique, notamment en réduisant la production de CO2, la France suggère à l’Europe, et au monde, de relancer l’industrie électronucléaire. Si les débats entre partisans et détracteurs de cette énergie ne sont pas clos, la maîtrise technologique du nucléaire et les faveurs de l’opinion publique poussent la France à tirer profit de ses avantages.     

 

 
Avec 59 centrales nucléaires produisant près de 80% de son électricité, la France se pose en Europe comme le champion du nucléaire. Riche d’un programme de recherche démarré en 1945, et d’une utilisation industrielle depuis plus de trente ans, elle bénéficie d’un savoir-faire de qualité. En dépit des craintes que le nucléaire suscite dans certains pays européens – Allemagne et Autriche en tête – la France a décidé de lui renouveler sa confiance récemment.
 
Pour ne pas voir leur électorat se tourner vers le charismatique écologiste Nicolas Hulot lors des élections présidentielles de 2007, les différents candidats ont signé son « pacte écologique » et placé ainsi l’environnement au cœur de leur programme. Que la conversion à la lutte contre le réchauffement climatique soit sincère ou feinte, Nicolas Sarkozy s’en est fait l’apôtre et y a également trouvé une excellente justification au retour du nucléaire.
 
En effet, l’électricité d’origine nucléaire présente l’avantage de ne pas émettre de CO 2. Elle expliquerait qu’un Français émette en moyenne 1,8 fois moins de CO 2 qu'un Allemand, ou que la production d'électricité ne soit à l'origine que de 10% des émissions nationales de gaz à effet de serre (GES) contre 40% au niveau mondial.
 
Le problème du traitement des déchets radioactifs, que de nombreuses associations mettent en lumière, questionne évidemment le bien-fondé du recours au nucléaire. Mais celui-ci semble justifié au regard des objectifs de l’Union européenne pour 2020 (20% d’émissions de GES en moins, 20% d’énergie d’origine renouvelable, et 20% d’économies d’énergie), adoptés sous présidence française que la France s'apprête à défendre à la conférence sur le climat de Copenhague en décembre 2009 [http://www.conference-copenhague.gouv.fr/copenhague/]. En assurant aussi une plus grande indépendance énergétique et une plus grande sécurité d’approvisionnement, le nucléaire devient incontournable. «  La stratégie de la France est le développement du nucléaire » déclarait Nicolas Sarkozy sur le chantier du premier EPR français (European Pressurised Reactor), tout en annonçant la construction d’un deuxième EPR dès 2012.
 
Quittant sa traditionnelle neutralité, la Commission européenne s’orientait le 1 er octobre 2007 vers une position plus favorable au nucléaire : M. Barroso invitait les Etats membres à ne «  pas éluder la question de l’énergie nucléaire  », tandis que Mme. Kroes, en charge de la concurrence, se déclarait, à titre personnel, «  complètement favorable au nucléaire  ». «  L’énergie nucléaire représente un élément important de notre lutte contre le changement climatique  » affirmait encore le commissaire Piebalgs en charge de l’énergie, le 15 avril 2008.
 
Fort de cet « encouragement », Nicolas Sarkozy déclarait à l’ONU en septembre 2007 «  la France prête à aider les pays qui veulent se doter du nucléaire civil  », signait en 2009 un accord avec la Slovaquie et un accord de coopération avec Rome prévoyant la construction de quatre centrales nucléaires sur le territoire italien…
 
La France, on l’aura compris, a fait le choix du nucléaire. Mais on peut se demander si la « culture nucléaire », ses retombées indéniables sur la vie économique et politique françaises n’ont pas aussi joué dans ce choix et empêché les décideurs français de penser la politique de l'énergie autrement. Privée de ces atouts nucléaires, la France aurait-elle fait le choix de l’atome pour sauver l’environnement ?  
 
Nicolas Roger-Machart
 
POUR ALLER PLUS LOIN
Le site du ministère du Développement durable sur la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques : www.copenhague.developpement-durable.gouv.fr  . 
Le site de l’Agence internationale de l’énergie, accès pays par pays : http://www.iea.org/country/.
Les perspectives énergétiques de la France à l’horizon 2020-2050 : http://www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/ENERGIE_Diaporama_presentation_.pdf.
Un article de l'Usine nouvelle, la France a-t-elle besoin d’un deuxième EPR ? http://www.usinenouvelle.com/article/la-france-a-t-elle-besoin-d-un-2e-epr.157989
Un article de France24.com sur la politique d’expansion et de relance du nucléaire par Electricité de France : http://www.france24.com/fr/20090511-edf-rachete-51-spe-cede-20-british-energy-construction-4-epr-royaume-uni-centrica.

Publié par Nicolas Roger-Machart
le dimanche 8 Novembre 2009

 



 
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vendredi 24 Septembre 2010 à 16:26 Par article_bidon
 

Eh bien, on sent que l'auteur sait de quoi il parle! C'est du vent cet article. le nucléaire n'a pas un bilan carbone nul si l'on considère le cycle de vie de cette industrie dans sa totalité: extraction et transport d'uranium, construction de la centrale, stockage des déchets. Et puis bon, tout les newbies de l'écologie s'intéressent au seul carbone alors qu'il y a de multiples gaz à effet de serre, notamment la vapeur d'eau...que l'industrie nucléaire émet en quantité faramineuse.

mardi 24 Novembre 2009 à 19:54 Par vinisoubi
 

ces infos ne vont que dans un sens et ne permettent pas de se faire une idée complète de la problématique nucléaire! veuillez svp vous référer au réseau sortirdunucleaire pour des infos plus critiques.

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