Costa Concordia : après le naufrage, la pollution…

 

                        

32 morts, des images chocs rappelant celles du film Titanic, le naufrage du luxueux paquebot Costa Concordia le vendredi 13 janvier dernier a marqué les esprits. Au-delà de la polémique sur le comportement du capitaine qui a suivi l’accident et de la question de l’indemnisation des victimes, la Compagnie Costa, propriétaire du navire, doit aujourd’hui faire face à un début de pollution autour de l’épave échouée au large de l’île italienne de Giglio. Greenpeace a ainsi réalisé des études mi- février à proximité de l’épave du Concordia et relevé des quantités d’azote ammoniacal variant de 2.04 à 2.12 microgrammes par litre d’eau de mer (mg/l), soit près de 35 fois supérieur aux limites acceptables (0.06mg/l).                         

            

Les chercheurs de Greenpeace attribuent ce dépassement des normes à la décomposition des matières organiques (nourriture, boissons,…) abandonnées sur le paquebot après le naufrage. Par ailleurs, des quantités d’éléments chimiques plus de 8 fois supérieures au maximum autorisé ont été relevées, liées aux produits de nettoyage. (3.77 à 4.35 mg/l au lieu de 0.5 mg/l). La qualité de l’eau potable provenant d’une installation de dessalement de l’île de Giglio a également été altérée par la présence d’hydrocarbures probablement issus de l’épave.

                            

La Compagnie Costa étudie plusieurs projets pour l’enlèvement du bateau, mais estime que l’intervention devrait durer entre 10 et 12 mois étant donné la complexité de l’opération : avec ses 290 mètres de longueur sur 38 mètres de largeur, le paquebot Concordia pèse environ 112 000 tonnes.

                         

Cette pollution est d’autant plus inquiétante que l’île de Giglio est toute proche du Parc National de l’Archipel Toscan dont l’une des raisons d’être est la préservation de la diversité des espèces maritimes, et notamment la protection d’espèces rares comme les phoques « foca monata » ou les mouettes « gabbiano corso ». Depuis une dizaine d’années déjà, l’ONG WWF exprime régulièrement son inquiétude de voir de très gros navires s’approcher de ces côtes protégées.        

                                            

Outre le démantèlement de l’épave, le naufrage du Costa Concordia soulève indirectement la question de la trajectoire des routes maritimes au large de zones sensibles. Près de 10 000 bateaux passent chaque année dans cette région de l’Ouest de l’Italie, et certains transportent des produits toxiques. Réputés naviguer quelque soit l’état du temps et de la mer, il arrive que soient laissés quelques souvenirs peu appréciés dans la région : le 17 décembre dernier, un chimiquier a ainsi perdu 38 fûts toxiques au large de Gorgona…

                      

                                    

Publié par Marion Gautier
le vendredi 23 Mars 2012

 



 
Réagissez !
Enregistrer
 
vendredi 6 Avril 2012 à 11:22 Par salve
 

Sur un plan objectif, la nature est le domaine des échanges, personne ne peut le nier.

Alors ces pollutions tant décriées par nous même, impacteront-elles finalement la marche du cycle général. Tiens, non ! La terre tourne et tournera quoi que nous lui fassions

Nous sommes certes prolifiques, que ce soit en cynisme, en contestation, en activisme. Mais ça ne change rien dans le fond... Il semble que la nature (comme nous) s'adapte aux conditions qu'elle rencontre, alors un peu plus d'ammoniac, un peu moins de lumière, est-ce que cela a une si grande importance si nous considérons que chaque chose fait son temps, et fini par se noyer dans l’oubli ?

Je me représente ainsi la vie comme une tête d'épingle au milieu d'un vide incommensurable (de notre point de vue, le simple fait qu’elle n’existe apparemment que sur une planète d’un minuscule système solaire, lui-même infime au sein de ce que nous appelons la voie lactée...). Ce qui me fait considérer les choses avec un recul peut-être un peu trop développé, mais qui m'inspire souvent une humilité en contradiction avec ces appétits de développement propres à l’humain.

J’y trouve là un aplomb permettant de relativiser toutes ces joutes, ces réalisations forcément temporaires, et toutes les « merveilles » dont nous sommes les uniques artisans (clopes, bagnoles, armes, drogues, industrie à la monsanto ou à la British Petroleum, j’en passe, la liste est trop longue !)...C’est ma position personnelle, elle ne concerne que moi évidemment.

Pour autant, je constate que notre développement en société nous fait perdre souvent la mesure individuelle de nos existences, et nous confine à un rôle que je considère illégitime : vouloir prendre les responsabilités que nous inspirent nos cervelles au sein d’un domaine qui existe depuis plus de 4 milliards d’années (nous ne vivons qu’environ 7 à 8 décennies), c’est bien la preuve que nos ego nous leurrent, et l’assumer comme nous le faisons, c’est au moins se foutre de la réalité.

Mais comme le dit le mataf, « nous ne sommes, nous humains, que de brefs passagers sur cette terre, alors qu'importe ».

Ça fait parfois du bien de s’en rappeler, au moins à mon niveau !

Bien à tous

dimanche 1 Avril 2012 à 11:03 Par le mataf
 

La mer encore une fois de plus sacrifier au non de la finance . Ces gens là font fi de l'environnement avec un cynisme à toue épreuve .
Permettez moi de mettre en doute l'opération de d'échouage de ce monstre d'acier ou sa démolition sans que ce coin de mer subisse une grave pollution (vu les coûts de ces travaux, le minimum sera de mise dans ce pays ou règne en maître la mafia).
Ceci étant dit il faut mettre un terme à ce genre de situation car partout dans le monde de tels navires fond du rase cailloux à des fins économiques ou touristiques .
Je suis maintenant un ancien marin qui a pas mal naviguer et j'aie constaté avec effarement que beaucoup de ces 'fer à repasser) étaient commander par des sois disant officiers de marine (la preuve étant faite avec le drame du concordia).
Ne pas autoriser la navigation côtière à tout ces géants des mers ,est il me semble d'un raisonnement sage vu que ce genre de mastodonte manoeuvre aussi facilement qu'une bassine .
Mais voila tout le monde s'en fout après moi la fin du monde , nous sommes nous humains que de bref passage sur cette terre, qu'importe .

samedi 31 Mars 2012 à 18:49 Par alloicilaterre
 

C'est sympa je ne connaissais pas cette île...
C'est bien qu'il récupère le bateau, mais la pollution va engendrer d'autres morts certainement !?
Leur bateau ça passe ou ça casse, tout est comme ça !

Videos Nos reportages
Articles Les + commentés
 
Newsletter Newsletter
Newsletter !

Une info par semaine !