Copenhague : une Afrique unie et mobilisée

 

 

Un mois après le Forum mondial du développement durable de Ouagadougou et l’historique prise de position commune sur la Conférence de Copenhague, les Africains sont à nouveau rassemblés, à Deauville dans le cadre des Ateliers de la Terre, pour faire entendre leur voix sur les négociations climatiques. Energies renouvelables, transferts de technologies et financements ont été au centre des débats.

 

                                         Sawadogo Sylla

                                        Salifou Sawadogo et Fodé Sylla lors des Ateliers de la Terre à Deauville

 

Un ministre africain qui ouvre l’ultime forum de discussions sur le développement durable avant Copenhague est un signe rare et fort. Certes, Salifou Sawadogo, en charge de l’Environnement au Burkina Faso, a remplacé au pied levé Jean-Louis Borloo retardé par ailleurs, le geste n’en est pas moins honorable.

 

  • Position commune des Africains

 

Les Ateliers de la Terre de Deauville sont une nouvelle occasion pour les Africains de présenter leur position commune sur les négociations de Copenhague. M. Sawadogo a rappelé dans son allocution que les Africains s’inquiètent de " l’immobilisme et l’absence de progrès des discussions ". Le continent est celui qui émet le moins de gaz à effet de serre, mais également celui qui est le plus vulnérable au réchauffement climatique. Erosion des côtes, inondations, sécheresse, déforestations, autant de chamboulements qui touchent des populations déjà frappées par la pauvreté et le sida.

 

L’union des Africains c’est avant tout le refus d’être laissés pour compte et de voir leurs innombrables ressources continuer d’être pillées. Matière première (pétrole, forêts, solaire, etc.) contre technologies et financement, voilà leur mot d’ordre pour Copenhague.

 

  • Lutter contre la déforestation

 

Selon le burkinabais Salifou Sawadogo, la déforestation est le premier problème à régler pour son continent. Il se félicite de l’annonce du plan Justice-Climat à destination de l’Afrique présenté par Jean-Louis Borloo, ministre français de l’environnement. Enfin sur la venue Barack Obama le 9 décembre à Copenhague, M. Sawadogo espère que le Président américain trouvera le temps d’effectuer un retour en fin de conférence, moment le plus crucial pour les négociations.

 

                               

 

  • "Il faut éclarer l'Afrique!"

 

Personnage indissociable de la question Afrique-Climat-Développement, Fodé Sylla est également monté à la tribune en ouverture des Ateliers de la Terre. L’ancien président de SOS Racisme est aujourd’hui chargé par Jean-Louis Borloo de promouvoir le plan justice climat français qui pourrait permettre aux africains de bénéficier d’un accès à l’énergie.

 

" Si l’Afrique n’a pas un accès à 100% d’énergie, aucun développement durable n’est possible ", a-t-il indiqué. M. Sylla dénonce également les disparités en matière de développement et de découpage entre le nord et le sud du continent africain. " Si l’on observe la carte du monde, vous pouvez voir qu’elle est très éclairée au nord, légèrement en Afrique du nord, légèrement en Afrique du sud et au milieu, il y a un grand trou noir. Il faut éclairer l'Afrique ! " M. Sylla a estimé à 305 milliards d’euros l’électrification du continent. Une taxation de 0,01 % sur les mouvements de capitaux suffirait à financer, a-t-il ajouté.

 

Porte-parole de Jean-Louis Borloo sur le sujet, Fodé Sylla a également souligné l’union historique des Africains pour Copenhague. " Il n’y a une Afrique, mais des Afriques ".

 

                                 

 

 

Publié par Delphine Rigaud
le vendredi 27 Novembre 2009

 



 
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