Copenhague : qu’attend-t-on des négociations sur la reforestation ?

Les journées du développement et du climat s'ouvre sur la question de la reforestation à Copenhague

 

 

Les "Development and Climate Days" se sont ouverts au Concert Hall de Copenhague vendredi 11 décembre. Ce cycle de conférences réunit pendant quatre jours des scientifiques, des professionnels et des représentants des gouvernements pour débattre sur les enjeux des négociations et les problématiques du développement dans les pays du sud. La première journée de conférence était consacrée à la gestion des ressources naturelles, et notamment des régions semi-arides, de l’eau et des forêts. La Kenyane Wangari Maathai, prix Nobel de la Paix en 2004 et figure internationale de la protection des forêts, a prononcé un discours lors de l'ouverture des "Development and Climate Days".

 

                                            Wangari Maathai

                                          Wangari Maathai et Al Gore en février dernier à Los Angeles (crédits : AFP)

 

Ulla Tørnæs, ministre danoise de la Coopération pour le Développement, a inauguré cette première journée des "Development and Climate Days" en annonçant l’ aide financière tout juste décidée par le gouvernement danois qui s’élèvera à 240 millions de dollars pour les trois prochaines années.

 

Wangari Maathai, Prix Nobel de la Paix en 2004 et fondatrice du "Greenbelt Movement" a félicité la ministre pour cet engagement. Rappelant que 20% des émissions de gaz à effet de serre sont liés à la déforestation, Mme Maathai appelle les gouvernements à accorder une large place à la reforestation dans les solutions de lutte contre le changement climatique.

 

                                      

 

Traduction : "Les graphiques montrent que 20% des émissions de gaz à effet de serre sont liés à la déforestation ou la dégradation des forêts. Plus récemment, j’ai entendu dire 17% mais, peu importe, cela reste important. C’est pourquoi protéger les forêts, et plus particulièrement, les forêts tropicales natives est une nécessité absolue. Et j’espère que les négociateurs vont définitivement considérer que la protection de la forêt fait partie de la solution.

Il est donc extrêmement important de protéger les forêts africaines et de comprendre ce qu’il arrive lorsqu’un écosystème est détruit ; et je ne parle pas des théiers, des caféiers, des eucalyptus ou des pins qui sont des monocultures (ndlr : la biodiversité dans ces monocultures est particulièrement pauvre). Je parle des forêts natives ! La biodiversité que nous perdons en détruisant ces forêts est irremplaçable."


 

  • Financement des plantations et conservation des écosystèmes

 

Les acteurs du développement (IIED, IFAD, FAO, ICRAF, CARE) attendent que les gouvernements placent les questions de lutte contre la dégradation des terres et la destruction des forêts au centre de leurs débats. Ils préconisent une approche globale de la séquestration du carbone qui tienne compte du rôle de l’agriculture et de la biodiversité. Ils souhaitent que les mécanismes de la finance carbone définis dans le cadre du Protocole de Kyoto (REDD, MDP ) ne financent pas seulement des plantations mais surtout la conservation des écosystèmes. Les projets d’agroforesterie et de pastoralisme dans les zones semi-arides d’Afrique devraient être intégrés à ces mécanismes car ils permettent à la fois le stockage de carbone, l’amélioration de la sécurité alimentaire et des conditions de vie des communautés locales.

 

 

  • Simplifier pour mieux négocier

 

Pham Minh Thoa, directrice du département Forêt du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural du Vietnam, a conclu sur l’avancée des négociations pour la simplification des Mécanismes de Développement Propre. " Nous devons encore négocier pour déterminer des méthodologies claires de pilotage, suivi et évaluation des projets et identifier les acteurs à impliquer dans ces processus. Il est important de préciser les responsabilités des différents partenaires de la Convention Cadre des Nations-Unies sur le Changement Climatique, en charge d’évaluer les réductions de gaz à effet de serre permises par ces projets et la valeur financière des crédits carbone ".

 

Pour fonctionner, les mécanismes de la finance carbone doivent donc être simplifiés et être accompagnés de la mise en place de fonds de développement favorisant le transfert des compétences et l’instauration d’une bonne gouvernance.

 

Alexandre Castel et Isabelle Pamart pour Durable.com depuis Copenhague

Publié par HEC Paris Mastère Développement Durable
le lundi 14 Décembre 2009 à 12:00

 



 
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lundi 18 Janvier 2010 à 19:33 Par Jeanne
 

La forêt était au coeur des négociations de Copenhague, mais qu'en est-il de la biodiversité? quelle est l'impression générale maintenant que la conférence est passée?
Merci
Jeanne

dimanche 13 Décembre 2009 à 11:03 Par maïté
 

Merci infiniment Wangari Maathi pour votre action en faveur des forêts.
Je ne voudrais pas que les forêts soient oubliées à Copenhague au profit des Océans ? ?
Merci encore
Maïté Berckmans
présidente de l'Association ARBRE
" Les Jardins de Biarritz"
26 avenue J.F.Kennedy
64200 Biarritz
FRANCE

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