Canons à neige : les dérives de l’or blanc

 

Les vacances de février ont déjà commencé pour la zone A… et les stations de ski affichent complet avec le sourire. Cette année, la neige est au rendez-vous, et l’enneigement est suffisant pour « tenir jusqu’à Pâques ». Car aujourd’hui, la saison de ski doit commencer à Noël et se terminer à Pâques pour être rentable pour les opérateurs de remontées mécaniques.


                              

Les canons à neige, utilisés depuis les années 80 comme solution d’appoint pour faire face aux aléas météorologiques, sont désormais développés à grande échelle dans certaines stations pour garantir la qualité des pistes tout l’hiver. Les deux tiers des 293 stations françaises sont aujourd’hui équipées de canons à neige, qui recouvrent environ 20% de la surface totale des pistes. Dans certaines stations, comme Méribel ou Courmayeur, ce sont près de 50% des pistes qui peuvent être enneigées de manière artificielle. Si les amateurs de ski peuvent profiter des pentes plus longtemps, domestiquer ainsi la montagne représente toutefois un réel coût environnemental.


                             

La production de neige artificielle suppose l’utilisation de grandes quantités d’eau, à un moment de l’année où les niveaux sont déjà très bas car l’eau est prisonnière du gel. Certains villages, comme Megève en 2005 en arrivent à manquer d’eau : la population est multipliée par 10 pendant les vacances scolaires, et outre les ruisseaux et les nappes souterraines, les canons à neige tirent aussi sur les réseaux d'eau potable. Pour limiter ces pompages, les stations se voient dans l’obligation d’aménager des bassins de rétention. Ces « réserves collinaires » permettent de garder l’eau en altitude du printemps à l’automne pour pouvoir fabriquer de la neige artificielle l’hiver. Pratique, mais peu esthétique : ces réserves dénaturent souvent le paysage estival.


                                      

Par ailleurs, la neige artificielle, plus humide et plus compacte, fond plus tardivement, ce qui modifie les cours d’eau, provoque des glissements de terrain, et accentue l’érosion des sols. Outre les très fortes consommations en énergie des canons à neige, se pose également la question des additifs, qui favorisent la cristallisation et permettent ainsi de continuer à produire de la neige artificielle malgré une température extérieure un peu trop réchauffée. A la fonte des neiges, ces produits chimiques s’écoulent dans les rivières, polluant l’eau et les sols… Ceux-ci ne sont plus utilisés en France depuis 2005 suite à un engagement volontaire de la part des professionnels eux-mêmes. 

 


Les perspectives de réchauffement climatique laissent penser que les phénomènes de faible enneigement seront amenés à se reproduire… En l’absence d’une neige suffisante pour dévaler les pentes à ski, plusieurs activités encore trop méconnues peuvent être pratiquées en montagne l’hiver : les balades en raquettes ou en ski de randonnée sont une autre façon de profiter des paysages alpins, peut être plus respectueuse de la nature.

                   

      

Publié par Marion Gautier
le mardi 14 Février 2012

 



 
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jeudi 16 Février 2012 à 17:37 Par le mataf
 

Bonjour alloicilaterre et salve
Mais oui chacun d'entre nous trie, composte, essaye d'acheter son alimentation et autres produits en circuit court, fait attention à sa consommation d'eau, électrique (est-ce une prise de conscience ou une d'une banale histoire d'argent ?)etc !!etc !!!.
Permettez-moi d'en douter, que notre environnement soit saccagé, ce n'est pas moi qu'il l'ai fait ce sont les autres et d'abord ce sont nos politiques qui doivent faire des lois et patati et patata !
Pour faire court car si je me lance dans les discours je crains fort de lasser, l'environnement et son futur sont relégué aux "calendes Grecques" "ECONNOMIE ON VOUS DIT" les petits oiseaux et les papillons plus tard, les dispendieux canons à neige (à obus aussi) et les ports de plaisances pour "gabiers de poulaine"* ont un autre intérêt économique .
Les conseillés généraux, les maires, instances territoriales n'ont plus leurs mots à dire quoique l'on dise sont très souvent incompétents et par intérêt totalement ignorant des règles environnementales ,si vous me parlez des commerçants (pauvres petits souffreteux) allez leur parler d'autres choses ou prévoyez des mouchoirs.
A vous deux vous résumez assez bien la situation catastrophique de notre environnement et j'espère toujours un jour marcher à vos cotés dans une nature redevenue enfin sauvée pour les générations futures.

*lieu d'aisance sur les anciens voiliers

jeudi 16 Février 2012 à 00:20 Par salve
 

Salut alloicilaterre,
Quelle verve, dites-donc ! Mais rassurez-vous, il n'y a sûrement que quelques dizaines de milliers de skieurs considérant ce loisir comme un dû, et tout ça pour une durée somme toute assez limitée (même répétée à intervalle régulier), comme tout ce qui existe à la surface de la planète.
Ce qui est peut-être plus dérangeant, c'est que la société à laquelle tout le monde est tenu de contribuer grignote au fur et à mesure sur la nature. Et vous avez raison de dire que ce n'est pas un dû, mais c'est tout le problème de notre conscience grégaire qui se pose là...
Un individu ne portera jamais atteinte à lui tout seul à son environnement, alors qu'un ensemble d'individus, c'est évidemment autre chose !
Mais prenons les choses calmement, et vous verrez que la nature dont nous, nous avons besoin, et que nous exploitons inconsidérément, ne sera jamais moins forte que nos civilisations, et si cela s'avère, ce n'est pas elle qui perdra mais bien nous (la population actuelle et les générations à venir) à vouloir en tirer le maximum.
C'est toute la justesse de l'équilibre vital que nous pourrions peut-être mettre à bas, mais ceci dépasse largement le simple cadre des sports d'hiver, et concerne l'ensemble de nos activités... ainsi que le futur auquel nous destinons les générations à venir.
Et là, ce n'est plus seulement la France, mais tous les pays industriellement actifs qui creusent ce déséquilibre, et dont nous sommes justement les contributeurs : pétrole arabe, textile indien/asiatique, viande sud américaine, gaz russe, électricité française/allemande/européenne, et cætera.
Vous voyez, le ski est symptomatique, mais l'ensemble révèle ce que nous sommes réellement, insensibles aux réalités que nous avons sous les yeux, mais qui n'en demeurent pas moins profondément illégitime à la surface du globe que nous nous sommes ni plus ni moins appropriés...
C'est le prix de notre civilisation que nous faisons payer à l'environnement ! Mais encore une fois, rassurez-vous, ça n'empêchera nullement la terre de tourner et de nous mener au bout de nos destins !
Cordialement,
salve

mercredi 15 Février 2012 à 20:49 Par alloicilatere
 

Evidemment en plus, plus il y a du monde, plus ça pollue et cela tout le monde commence à le savoir !
Et les Maires, associations, commerçants, collectivités en montagnes doivent revoir leur stratégies économiques et faire passer la nature en premier et faire avec elle et pas contre elle.
Il leur faut un bon coup de pied au cul à tous ces profiteurs des merveilles de la nature sans reconnaissance envers celle-ci, y a aucun respect, aucune passion, aucune réflexion, aucune gratitude vis à vis de la nature concrètement, c'est comme si c'était un dû !
je ne comprends pas pourquoi en France, niveau écologie, on vit un peu comme ces pays sous développer qui tuent leur propre ressource de vie, leur patrimoine culturel pour survivre !

mercredi 15 Février 2012 à 19:31 Par le mataf
 

Dans la foulée inventons une machine à crée le beau temps et la mer calme , vraiment n'importe quoi pourvu que cela fasse du fric , Chez nous sur la côte atlantique les touristes prennent le temps comme il est ,et de toute façon ici il ne pleut que sur les cons .

mercredi 15 Février 2012 à 15:51 Par salve
 

Bonjour,

J'arrive juste du site http://www.lamontagneenmouvement.com/

J'ai quand même envie de poser cette question. Instrumentaliser la neige pour le plaisir de skier, qui n'est somme toute qu'un loisir, ou une activité ludique dont quelques uns sont vraiment les bénéficiaires, n'est-ce pas un peu démesuré juste pour permettre à un secteur économique de perdurer, ou à une fraction de la population d'aller profiter de ce qui à la base n'est qu'un aléa climatique ?
Même si la valeur d'une activité comme celle-ci m'interroge, je pose la question sans aucun préjugé, et tiens à le préciser.
Cordialement

mercredi 15 Février 2012 à 09:59 Par Savoie
 

"Aucun produit chimique n'intervient dans le cycle de la neige de culture" http://www.lamontagneenmouvement.com/

mercredi 15 Février 2012 à 09:34 Par deltajo
 

L'eau stockée se transforme en neige qui se transforme en eau et retourne dans les nappes et les riviére soit son cycle naturel. Où est le problème?

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