Auprès de mon arbre : Paris ville verte ?

 

Les arbres, poumons verts des villes, mais pas seulement. C'est en substance ce que dit la Food and Agricultural Administration, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture dans un communiqué publié cette semaine, prélude à une vague de directives sur "la forestrie urbaine et périurbaine" à paraître en 2012.

 

Le Parc Montsouris

 

La FAO y met en lumière l'importance de ces espaces verts au cœur de la ville, qui protègeraient les villes de certains aléas du changement climatique, abriteraient les quelques vestiges de biodiversité urbaine et offriraient des espaces de loisirs aux citadins. Voilà pour la déclaration d'intention. Mais qu'en est-il en réalité ?


Je m'excuse auprès de mes lecteurs pour le parisianisme à venir, mais c'est la ville que je connais le mieux et que je prendrai pour exemple. Paris, donc! Une ville connue pour la faible densité de ses espaces verts, qui en couvrent seulement 20% de la surface (bois de Boulogne et de Vincennes inclus). A comparer avec les 35 à 40% de parcs, forêts et même lacs, qui s'étendent à Londres, ou encore à Berlin. Avec ses 418 jardins et squares, ses 15 parcs et ses 130 promenades, Paris fait donc figure de naine verte à l'aune d'autres capitales européennes.


Et pourtant, lorsque Paris a fait peau neuve sous l'égide du Baron Haussmann, un soin tout particulier a été apporté aux parcs et jardins sur ordre de Napoléon III, qui souhaitait voire sa capitale rivaliser avec Londres : un service municipal dédié aux parcs et jardins est créé en 1854, les bois de Boulogne et Vincennes ont été concédés à la ville, les Buttes Chaumont ont été inaugurées pour l'Exposition Universelle de 1867 et des centaines de promenades ont fait leur apparition.


Qu'en pensent les services des espaces verts de la ville ? Près de 20 jardins auraient été créés ces trois dernières années pour permettre aux Parisiens de goûter aux joies de la verdure, à l’image du Parc Serge Gainsbourg Porte des Lilas. 2,2 hectares d’espaces verts supplémentaires devraient par ailleurs ouvrir leurs grilles en 2011.

 
Autre point évoqué par la FAO, les jardins ouvriers, ces potagers cultivés par des particuliers désireux de verdir quelque peu leur assiette avec le produit de leurs labeurs. Berlin, la capitale prussienne, fait encore figure de modèle en la matière et détient la palme de la ville la plus cultivée d'Allemagne : sur le million de "Schrebergarten" outre-Rhin, 70 000 se situent à Berlin, où ils s'organisent en colonies aux noms évocateurs et aux règles bien définies. Paris en compte environ 47 de nos jours, pour la plupart situés dans le 13ème arrondissement, et réservés aux habitants du quartier. Et pourtant, en France, où le concept avait été popularisé à la fin du 19ème siècle par l'Abbé Jules Lemire pour améliorer le quotidien des ouvriers, on en comptait 47 000 en 1920, d'après la Fédération nationale des jardins familiaux et collectifs.  La densité urbaine ne permet pas leur déploiement à Paris intra-muros, bien qu'il en existe dans la petite et la grande Couronne, dans la tradition maraîchère qui fit un jour la renommée de l'Ile-de-France. 


Là encore, les services des espaces verts mettent en avant la cinquantaine jardins partagés, animés et gérés par des associations et des riverains. Situés principalement à l'est et sur la rive Gauche, ils permettent aux mains vertes de ne pas perdre la main et de jardiner en communauté. Une initiative qui se veut un trait d’union entre les populations et les générations.


Publié par Isabelle Tissot
le mardi 11 Octobre 2011

 



 
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