Attention, vous entrez dans une zone d’algues vertes

 

 

Des marées vertes, encore et toujours. Le phénomène est chronique sur les plages bretonnes et gagne la Vendée, la Normandie. Déjà 25 000 m3 d’algues vertes ont été ramassés en Bretagne. Soit le double par rapport à juin 2010. Des populations exaspérées par l’impuissance des pouvoirs publics, des professionnels inquiets en pleine saison touristique… les collectivités sont-elles condamnées à ramasser éternellement ces algues maudites ? Témoignage avec Gilles Huet, un des auteurs de la lettre ouverte au président Nicolas Sarkozy.   

 

Prolifération des algues vertes

 

25 000 m3 ramassés depuis le début de l’année. Cet été, les échouages d’algues vertes atteignent des records en Bretagne. Le mal est bien connu : épandages de nitrate, rejets d’azote, engrais chimiques utilisés dans la production agricole. Car ces algues gluantes se nourrissent d’azote et prolifèrent à tout va. Ceci explique cela. Voilà plus de 20 ans que les taux de nitrate sont élevés dans les cours d’eau. Une fois de plus, le principe du pollué = payeur fonctionne à plein dans cette affaire. La Région Bretagne débourse la bagatelle de 35 millions d’euros par an pour nettoyer ses plages. 

 

Ramassage et méthanisation des algues vertes. Voici le plan d’action « choc » de Nicolas Sarkozy. En prime, l’aide financière de 134 millions d’euros sur 5 ans est bien confirmée pour venir à bout des
« envahisseuses ». Alain Menesguen, ingénieur à l’Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer), n’est pas convaincu. Un plan qui repose avant tout sur le ramassage et le traitement. Exit donc la question de la réduction des nitrates dans les eaux de rivière, pourtant jugée principale cause dans la prolifération des algues vertes. 

 

Algues vertes, Gilles Huet tire la sonnette d'alarme 

 

Gilles Huet (Délégué général association Eau et Rivières de Bretagne) met en garde contre toute récupération politique du débat. « Mettre de l’huile sur le feu sur un dossier aussi complexe qui touche autant à l’économie du littoral, du tourisme que de la pêche côtière, c’est tout sauf constructif. Caricaturer les bons agriculteurs contre les méchants écologistes, ce n’est pas un comportement digne d’un chef de l’Etat. Surtout qu’en Bretagne, le clivage est réel entre les populations, les élus et la filière agro-alimentaire. Cette exaspération des marées vertes tient au fait que le traitement des effets a toujours été privilégié sur les causes du problème. »

 

A qui la faute ? « L’Etat n’a pas joué son rôle d’arbitre dans les intérêts divergents, à savoir privilégier la qualité, les ressources en eau et développer l’économie régionale. L’incapacité collective à faire baisser les taux de nitrate dans les cours d’eau, je trouve que c’est révélateur d’une certaine complicité entre le secteur économique et les services de l’Etat. Il y a vraiment une carence, car l’Etat a les moyens de faire respecter le droit et d’exercer sa responsabilité dans la prévention des pollutions. Le dossier des algues vertes est déjà vieux de plus de 20 ans. » 

 

Des solutions contre les marées vertes ? « Restructurer la filière agro-alimentaire, réduire les cheptels trop nombreux en Bretagne, développer l’agriculture biologique et la production herbagère. » Tenace, le problème des algues vertes ne va pas disparaître du jour au lendemain. La mutation agricole souhaitée par Gilles Huet, c’est un des remèdes qui vise à « (…) réduire les nitrates agricoles. Réorganiser le foncier des exploitations, c’est vrai ça ne se fera pas d’un coup de baguette magique, mais c’est vital si l’on veut reconquérir des zones humides et gagner en qualité de l’eau. » 

 

La personnalité de la semaine : Pascal Ferey

 

Pascal Ferey, vice-président de la commission environnement à la FNSEA, signe la rubrique
« personnalité de la semaine ».


« C’est stupide de jeter la faute sur les agriculteurs. Le problème des algues vertes incombe à toutes les couches de la société. Oui, la production agricole est en partie responsable, mais beaucoup d’efforts ont été enregistrés depuis une dizaine d’années ; par exemple sur la conformité européenne concernant l’épandage ou les plans de fertilisation des sols. La décroissance agricole comme la baisse du nombre de cheptels est un leurre au moment où les filières bovines sont en crise. L’agriculture conventionnelle peut et doit répondre aux enjeux environnementaux. »   

 

L’écogeste cette semaine : ramassage express des algues vertes 

 

Des bras, des masques et des pelleteuses. Cet été, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) lance l’ écogeste anti algues vertes histoire de ne pas se retrouver nez à nez avec des algues en putréfaction. Risque de mort rappelons-le. Selon l’Anses, une vingtaine de gaz, dont  l’amoniaque et surtout le sulfure d’hydrogène, composent ces « envahisseuses » en décomposition. Pas de répit donc pour les municipalités. Au programme : ramassage express en 48h des algues après échouage. 

 

Photo : iStockphoto

 

Comment créer le buzz avec les algues vertes ? Réponse avec France Nature Environnement et notre dossier   Le péril vert : algues toxiques et OGM  


Publié par Christophe Baudouin
le mardi 19 Juillet 2011

 



 
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lundi 25 Juillet 2011 à 21:31 Par salve
 

Et pendant ce temps là, on crève en Somalie...
Ah, il est loin le temps du nomadisme où on se déplaçait pour trouver sa pitance !
Maintenant nos pseudo frontières ont tout figé, et on préfère s'y accrocher plutôt que de remettre en cause nos PETITS privilèges acquis...
Quelle réalité !

lundi 25 Juillet 2011 à 21:25 Par salve
 

Le bonjour à tous, je ne m'étonne guère des problèmes que nous rencontrons. La nature, jusqu'à une certaine époque se régulait toute seule... Puis l'industrialisation est arrivée (désolé pour le raccourci...), et à la place d'un mouvement purement naturel, avons-nous instauré la capture d'un environnement à la sauce "croissance". Le résultat, il est là. La nature nous donne SA réponse
Alors quand j'entends des protagonistes nous dire : "la politique ceci, les agriculteurs cela", ils ne nous restent plus grand chose à faire que de nous remettre (tous fautifs) à des principes un peu plus naturels, et surtout plus locaux qu'industriels. L'industrialisation, cette grande IDÉE, est bien un grand défi non seulement pour nous, mais aussi pour l'état dans lequel nous laisserons l'environnement aux générations suivantes...
Devrons-nous revenir à la cueillette digne de nos ancêtres, il est des fois où je me pose la question : ne serait-ce pas plus judicieux ?

vendredi 22 Juillet 2011 à 18:42 Par polis
 

pardon je me suis mal exprimé; je voulais simplement dire que le " tous fautifs " des politiques n'est pas loin du " tous pourris " repris en coeur par les populistes de M. Le Pen & co. Et oui, on peut parler des algues vertes et de politique sans créerà chaque fois des incidents diplomatiques entre internautes

vendredi 22 Juillet 2011 à 13:32 Par gazec coät
 

polis est un charlot rouge qui débite des slogans stéréotypés

vendredi 22 Juillet 2011 à 09:21 Par polis
 

@le mataf
... si on ne peut même + parler politique. "Tous fautifs", je suis d'accord avec vous, mais ça ne veut pas dire qu'on ne peut plus débattre du bilan politique de nos élus!!! Sinon, c'est 1 boulevard qu'on laisse à Marine Le Pen et aux xénophobes...

mercredi 20 Juillet 2011 à 10:00 Par le mataf
 

Pas de débats politiques s'il vous plait POLIS .
Nos politiques sont tous fautifs .
Agriculteurs de droite , écologistes de gauche ? STOP!.
Si vous cherchez la bagarre ok!.
Vous et moi avons mieux à faire ,nous sommes tous coupable .
Il ne faut pas assassiné nos agriculteurs ,tout seul ils ne peuvent s'en sortirent ok!
Si ensemble ont force la main de nos élus ,ont réussira à reprendre la route ensemble mais, elle ne sera pas facile.
Un écologiste non "bobo" que ne veut pas retourner à la bougie !

mercredi 20 Juillet 2011 à 09:09 Par polis
 

C'est bizarre, c'est un élu PS, Jean-Yves Le Drian, qui dirige la région Bretagne. A croire que les socialistes ont beaucoup à apprendre d'Eva Joly en 2012 pour changer la vie!!!

mardi 19 Juillet 2011 à 14:27 Par Algeus
 

C'est vrai, je l'ai toujours pensé, et ça se vérifie une fois de plus avec les marée vertes : l'Etat est schizophrène. Payer+ pour ramasser + d' algues vertes et avoir moins à régler le problème.

mardi 19 Juillet 2011 à 12:46 Par le mataf
 

Que cela vous déplaisent ,j'en suis fort aise messieurs les agriculteurs et surtout vous les éleveurs de porcs .
Dans certains coins de la Bretagne il y flotte comme une odeur !!!
Le sarko et ce rigolo de pascal ferey devraient habiter là-bas puis mouiller leurs fesses sur certaines plages .
Se faire insulter d'intégristes ont s'en bas les co...! pas vrais !.
Le contribuable et le protecteur de l'environnement que modestement je suis,est outré de l'argent englouti dans ce combat pelleteuses contre algues vertes ,puis subventions gloutonnes accordées aux pollueurs .
Le goret assez ! soyez raisonnables "les y'a que nous" je veut bien continuer à manger du cochon mais pas au dépend de la nature dont vous osez vous porter garant .
75% de la production des nitrates viennent de chez vous . toutes productions confondues et ne me dite pas que sans vous le pays mourrai de faim cela n'est plus le cas d'autres pays prennent petit à petit votre place ,ce qui est extrêmement dangereux .
En Vendée très récemment nous somment battus contre une installation d' une porcherie près du Poiroux qui signait la mise à mort d'un estuaire protégé producteur d'huitres, 60 petits producteurs rayer de la carte un environnement détruit sans compter la disparition d'un tourisme respectueux contre 5 emplois et de l'argent sale ,tous ça pour le profit de ceux qui voue exploitent sans vergogne.
Réduire la production de porcs et le nombre d'élevage serais un premier pas

Nous ne sommes pas contre vous, nous voulons vous aider et je sais bien qu'il faudra vous acheter votre production à un prix très raisonnable , mais cela ne se fera pas d'en claquement de doigts

mardi 19 Juillet 2011 à 10:54 Par georges41
 

35 millions d'euros par an pour nettoyer les plages d'algues vertes en Bretagne. petit 1 : on ne résout pas le problème uniquement pas le ramassage et le stockage. petit 2 : ça coûte très cher, ça pénalise le tourisme, et comme d'hab, c'est le contribuable qui va mettre la main à la poche.

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