Le Réacteur EPR (European Pressurized Reactor) de Troisième Génération construit par AREVA est au cœur de la polémique aujourd’hui. Hier, les experts britanniques, français et finlandais ont, d’une seule voix, mis en garde le fabricant français leader mondial du nucléaire et les exploitants sur ses dangers. Ils leur demandent « d’améliorer sa conception initiale », rien que ça !
- Des Cerveaux Défaillants !
Mis en cause, les deux cerveaux du réacteur (quand même…) qui sont trop interconnectés au lieu de rester complètement indépendants l’un de l’autre. Un système de contrôle est supposé faire fonctionner le réacteur pendant que l’autre garantit sa sécurité. Seulement, selon les experts, ces deux systèmes de contrôle pourraient tomber en panne en même temps ! "L'indépendance de ces systèmes est importante. En effet, si un système de sûreté est appelé à servir en cas de perte d'un système de contrôle, alors ces deux systèmes ne doivent pas faillir simultanément", indiquent-ils dans le communiqué commun.
Le réacteur EPR d'Olkiluoto, en Finlande, accumule les retards et les coûts
- Stopper l'EPR ?
Allant plus loin qu’une simple amélioration, ils demandent en fait de revoir entièrement la copie du réacteur. Jean-Christophe Niel de l’ ASN (l’Autorité de Sûreté du Nucléaire) a
demandé au directeur de l’ingénierie nucléaire à EDF "d’examiner dès à présent des dispositions de conceptions différentes", car "la certitude d'aboutir in fine à une démonstration de sûreté acceptable fondée sur l'architecture actuelle n'est pas acquise". Selon Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau « Sortir du Nucléaire » interrogé ce matin sur RTL, "le programme EPR est dans une situation catastrophique (...), il est plombé définitivement". "Ce réacteur est un dinosaure, il a été conçu au début des années 1990, il est complètement dépassé avant même d’être construit. Il faut tout arrêter (…) et mettre l’argent dans les économies d’énergies et les énergies renouvelables".
Les travaux de la centrale de Flamanville vont-ils devoir s'interrompre ?
Areva construit actuellement quatre EPR : un à Olkiluoto (Finlande) qui accumule les retards et les coûts, à Flamanville (Basse-Normandie) et deux à Taishan (Chine). Au total, vingt-trois réacteurs EPR sont en projet dans le monde. Que les constructions continuent ou s'arrêtent net, la facture risque d'être salée...
Cliquez ici pour lire la déclaration commune des autorités de sûreté
Il y a plus d'un an, Greenpeace menait déjà une action à la centrale de Flamanville :
Florian pour Durable.com