L’absinthe prohibée, l’absinthe légalement autorisée en essence, enfin l’absinthe réhabilitée en mai dernier par le Parlement. Un retour en grâce par voie législative et à coups de lobbying qui n’est pas sans soulever quelques questions. Car l’alcool est la drogue la plus ancrée dans l’ADN de la France. Responsabilisation des consommateurs, intérêts financiers, la fée verte continue de faire parler d’elle. Un absinthologue et un alcoologue nous livrent leurs points de vue.

Vous prendrez bien un verre de spiritueux aromatisé à la plante d’absinthe ? Trop tard, fini les formules alambiquées. Une loi en casse une autre pour appeler un chat un chat ; en l’occurrence produire et vendre de l’absinthe sous son appellation d’origine. En shot, en apéro, voire en cocktail, l’absinthe
« bon marché » pourrait bien refaire les beaux jours de l’industrie des boissons alcoolisées comme à
la Belle Epoque. Un marché qui pèse 13 milliards d’euros pour 420 000 emplois directs, on comprend mieux dans ces conditions la récente évolution de la loi.
Pour le moment, l’absinthe reste un produit cher. De 40 à 80 € la bouteille, 7,50 € le verre d’ absinthe Pernod à 68 °, l’absinthe version binge drinking semble écartée. La fée verte est surtout prisée par une certaine clientèle hype, bobo, néo-romantico-gothique, et j’en passe, séduite par le cérémonial de la préparation et du fantasme hallucinogène qu’elle inspire. Les professionnels l’ont bien compris, certains bars branchés jouent la carte de l’alcool mystérieux au goût d’interdit. Mais impossible de ne pas mettre en lien la réhabilitation de l’absinthe sans parler de santé public. 23 000 personnes meurent directement de l’alcool chaque année en France.
Alcool, absinthe, le point de vue de l’alcoologue Philippe Batel
« Si ça peut aller vers davantage de qualité du produit et limiter la consommation par le prix à une clientèle restreinte chic-bobo, alors oui c’est une mesure qui met fin à une certaine hypocrisie. Après, rien ne nous garantit que les professionnels des boissons alcoolisées ne vont pas s’emparer de l’argument marketing pour transformer le produit en quelque chose de moins cher, toujours plus « hype » en créant des nouveaux produits du type « bières aromatisées à l’absinthe ». Je remarque qu’il n’y avait aucune urgence à réhabiliter l’absinthe, et que la mesure va diversifier l’offre de boissons alcoolisées ;
ça ressemble drôlement à un cadeau fait aux entreprises de spiritueux. »
« Pour avoir les idées claires sur une question de santé publique (alcool), il faut sortir des représentations sociales du type l’Assommoir, l’absinthe qui rend fou. En tant qu’alcoologue,
ça m’interroge la réhabilitation de l’absinthe dans un contexte de déplacement des consommations du vin vers les spiritueux. En 40 ans, la consommation de vin a été divisée par deux en France.
(…) Le problème c’est le déni. J’ai été sidéré lors de mon audition au Sénat l’été dernier de constater que pour certains politiques l’alcool n’est pas une drogue. Ajoutez à cela la loi Bachelot et cette décision irresponsable de laisser le champ libre aux publicitaires sur Internet alors même que l’on interdisait la vente d’alcool aux mineurs et vous avez au final un message de prévention complètement tronqué. »
La personnalité de la semaine : Arnaud Van De Casteele, absinthologue et fondateur
d’ AbsinthEvent
L’abrogation de la loi de 1915 par le Parlement… « (…) c’est une bonne chose, fini l’hypocrisie. La France était le dernier pays européen depuis 1988 où l’on ne pouvait pas vendre, ni produire de l’absinthe sous son vrai nom d’origine. Depuis la légalisation en 2005 par la Suisse, pays d’origine de ce produit mythique, et bien aidé par quelques actions de lobbying (Fédération Française des Spiritueux),
l’ absinthe retrouve un peu de son aura. Et quoi de plus normal, c’est un vrai produit du terroir et une boisson noble qui fait vivre toute une filière de métiers avec un savoir-faire dans la distillerie ou dans la manière particulière de cuire et de teinter les plantes d’absinthe. »
L’écogeste : le vin bio, mais toujours selon la formule consacrée, avec modération
Parler du vin bio juste après avoir évoqué les conséquences de l’alcool, j’avoue que c’est un véritable exercice d’équilibriste cette semaine dans la rubrique écogeste. En langage familier, un alcoologue dirait que ça la fout mal. Sauf qu’en pleine foire du vin et pour les amateurs, eh bien c’est le moment ou jamais de goûter le vin bio. Un vin issu des raisins de l’agriculture biologique qui respecte les sols, la terre, la vigne et l’environnement. Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, un vin certifié AB sans levure artificielle, ni sulfites ajoutés, qui privilégie l’engrais naturel du fumier mélangé au marc de raisin… A découvrir.
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Photo : Flickr - Jack Newton
@le mataf
Permettez-moi de relever ce "... il faut rester chez soi impérativement.", mais n'oubliez-vous pas la convivialité ? Même si je suis comme vous quand je vois un imbibé enquiquiner le monde, ou plusieurs imbibés aussi d'ailleurs (c'est plus rare). Mais votre réflexion me fait penser à tous ces téléviseurs allumés dont la répercussion directe est qu'il y a de moins en moins de gens ayant des rapports "normaux" (d'égal à égal). Le désert dans la rue, n'est-ce pas justement à cause de ce "rester chez soi" ? Pendant ce temps, les dealers règnent, l'atmosphère moribonde se répand, tout le monde crie à une société déshumanisée, mais peu se bougent pour que la convivialité retrouve ses "lettres de noblesse", et les buveurs se retrouvent en solitaire, à noyer leur vacuité...
Je ne respecte pas la facilité, mais c'est bien ce qui se passe quand l'industrie ouvre le robinet à spiritueux. Après des individus pas pire ou mieux que quiconque se retrouvent pris dans les mailles d'un filet que la profusion d'alcool tisse autour d'eux... Je ne les défends pas, je trouve juste qu'il est difficile d'être intègre face à tant d'appels à choir dans la médiocrité...
En définitive, les rapports humains, tels que je vous écris ici par exemple, sont eux bien meilleur que le désert que vous appelez de vos vœux, ou l'absence de boissons fermentées.
Mais je veux être clair, je n'appelle pas à l'"imbibition", juste à des rapports normaux entre personnes.
Cordialement
Cela ne me gêne dans la mesure ou il reste chez eux, on peut boire un peu de vin à table ,ou bien se prendre un petit apérot tranquille mimile ,mais il faut rester chez soi impérativement .
Et pour info je ne bois pas
Je ne vois pas pourquoi cela vous gêne si les gens boivent, chez eux, tranquille .
La liberté des uns s'arrête ou commence celle des autres.
Cette inconscience que vous prôner en laissant cour à une telle liberté est assassine .
Vous ne réaliser pas vraiment l'ampleur de vos propos ,ou bien êtes un consommateur accro à l'alcool ou alors vous êtes je que je crains un imbécile patenté ou un producteur de mauvaises cuvées .
Je veut bien à la rigueur laisser ces " gens là" responsables de leurs actes mais en aucuns cas je ne veut payer la note au prix fort .
Tout le monde en France sait que le port d'armes ou d'alcool est prohibé .
A bon entendeur salut!
c chaud !!! ca brule !!
Et si vous laissiez les gens responsables de leurs actes ?
Oui un verre de bon vin à table ne nuit pas en principe à la santé ,mais nous ne sommes pas égaux face à l'addiction que provoque une consommation régulière des vins et surtout de ces alcools à la mode.
En France tout nos politiques le coeur sur la main veulent combattre les effets dangereux de l'alcool oui mais !idem pour la vitesse sur les routes (voitures de plus en plus rapides faussement sécurisées grâces à des options à la godilles) idem pour les stupéfiants (on ne se fâche pas avec les pays producteurs ,intérêts dit stratégiques).
Oui comme le dit si bien Pascale l'état est schizophrène et agit comme un tueur à gages
D'accord avec le mataf, tout est bon pour camoufler les dangers de l'alcool. Surtout l'interdiction renforce souvent chez les gens le sentiment de vouloir braver l'interdit. Donc oui la prohibition de l'alcool est inefficace. Mais l'Etat est schizophrène, voire hypocrite, en laissant la publicité sur Internet des boissons alcoolisées; et en entendant à l'assemblée nationale des députés dire que 3 verres de vin par jour c'est bon pour la santé.
Oui l'alcoolisme en France est un fléau qu'il faut juguler à tout prix d'accord ,les gens qui souffre d' addiction à l'alcool boivent surtout beaucoup de mauvais vins ,de la bière , de douteux alcools et parfois des eaux de toilette .
Il est inconscient de dire que l' ont s'en fout ,gros râleur nous parle avec raison de certains sujets ok! ,mais ne nous éloignons de ce qui nous préoccupent .
Ayant résider près d'un hôpital spécialisé en Vendée (département ou sévit ce grave problème), j'ai vécu près de familles touchées par cette maladie ,et je peux affirmer que celles _ci sont très loin des préoccupations
de gros râleur.
Ces familles blessées et souvent mises au banc de notre société sont dans une grande détresse psychologique , pécuniaire et en danger physique .
Je suis désolé de dire que nos politiques en place ont le comportement de l' autruche ,une mémoire de moineau ,une hypocrisie doublée d'une veulerie abjecte envers ce fait de société .
Ce poison rapporte à l' état ,continue à construire des fortunes etc ...et celui-ci sans vergogne rogne les budgets alloués à ces établissements spécialisés .
Alors ont occulte ce grave sujet en regardant TF1 et en lisant GALA